Les feuilles ont vraiment déroulé leur tapis rouge ici. C'est le temps de marcher dedans en traînant les pieds.
Bien que les pierres qui roulent n'amassent pas mousse, l'eau qui coule amasse toutes sortes d'impressions.
2014/10/21
2014/10/18
Action pleine de Grâces
Encore une fois la douceur de l'automne m'étreint. J'ai fait une virée à la montagne, "La Montagne" qui n'est que colline, avec le désir de m'emplir de la lumière orange de l'automne à Montréal; me suis perdue dans les ruelles du cimetière Côte-des Neiges.
C'est très vivant un cimetière, organisé, manucuré, clôturé, visité... Un environnement où il fait bon "rester" en paix.
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Même au cimetière, il a cru judicieux de bien se clôturer |
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Curieux... pour avoir été soldat mort au combat, on finit au cimetière en rang militaire. |
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L'amour est mort comme dans la chanson de Brel du film Franz |
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Toutou perdu, en tenue de camouflage |
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Un symposium de corneilles prenaient un bain de flaque |
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Il ne reste plus qu'à ajouter une légende |
2014/10/11
oh yes! mais oui c'est cela
Oh yes
There are worse things than
being alone
but it often takes decades
to realize this
and most often
when you do
it's too late
and there's nothing worse
than
too late.
Charles Bukowski
There are worse things than
being alone
but it often takes decades
to realize this
and most often
when you do
it's too late
and there's nothing worse
than
too late.
Charles Bukowski
2014/10/03
Du nauséabond au délicieux
Ambre gris
Une discussion récente m'a rappelé mon attirance pour cette odeur toute particulière.
Du régurgitat de cachalot. Étonnant non?
Un parfum d'une remarquable ténacité qui contient des notes allant de la mousse, au tabac, au fécal...
Il y a plusieurs années, quand j'y étudiais, j'avais trouvé à
Paris (ça se glisse bien dans une conversion) un parfumeur qui faisait des eaux disons
de "cépage", J'avais acheté celui qu'il avait simplement nommé "ambre gris", c'était un
de mes préférés. Une odeur sourde, qui ne s'apprécie réellement que lorsqu'on s'en
approche. Pas une odeur d'ascenseur. J'avais gardé mon dernier flacon dans le frigo
pendant trèèès longtemps. . C'était aussi un maroquinier qui faisait de magnifiques
sacs de cuir pleine fleur.
Beaucoup d'animal là-dedans.
J'ai été très amateur (amatrice?) de parfums. Je n'en porte à peu près plus maintenant.
Aujourd'hui, j'apprécie davantage les subtilités des odeurs nues... j'allais ajouter crues,
mais, en fait, j'aime les odeurs cuites et rôties aussi.
Curieux comme on parle peu de nos préférences olfactives. On parle de films, de
lectures, de musique, de loisirs... mais on n'a pas l'habitude de partager nos goûts de
fumets.
C'est peut-être trop intime, a priori.
Pour en savoir plus...
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/parfums/loupe_ambre.html
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bb7979b6-3e32-11e2-b52e-3dbb2318ba59/Lambre_gris_ce_beau_myst%C3%A8re
http://www.ambergris.fr/identification_de_ambregris_fr.html
Une discussion récente m'a rappelé mon attirance pour cette odeur toute particulière.
Du régurgitat de cachalot. Étonnant non?
Un parfum d'une remarquable ténacité qui contient des notes allant de la mousse, au tabac, au fécal...
Il y a plusieurs années, quand j'y étudiais, j'avais trouvé à
Paris (ça se glisse bien dans une conversion) un parfumeur qui faisait des eaux disons
de "cépage", J'avais acheté celui qu'il avait simplement nommé "ambre gris", c'était un
de mes préférés. Une odeur sourde, qui ne s'apprécie réellement que lorsqu'on s'en
approche. Pas une odeur d'ascenseur. J'avais gardé mon dernier flacon dans le frigo
pendant trèèès longtemps. . C'était aussi un maroquinier qui faisait de magnifiques
sacs de cuir pleine fleur.
Beaucoup d'animal là-dedans.
J'ai été très amateur (amatrice?) de parfums. Je n'en porte à peu près plus maintenant.
Aujourd'hui, j'apprécie davantage les subtilités des odeurs nues... j'allais ajouter crues,
mais, en fait, j'aime les odeurs cuites et rôties aussi.
Curieux comme on parle peu de nos préférences olfactives. On parle de films, de
lectures, de musique, de loisirs... mais on n'a pas l'habitude de partager nos goûts de
fumets.
C'est peut-être trop intime, a priori.
Pour en savoir plus...
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/parfums/loupe_ambre.html
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bb7979b6-3e32-11e2-b52e-3dbb2318ba59/Lambre_gris_ce_beau_myst%C3%A8re
http://www.ambergris.fr/identification_de_ambregris_fr.html
2014/09/28
I like you, vraiment?
Question existentielle du jour
Si un de mes amis "like" ce que j'ai écrit est ce que je peux penser qu'il m'aime aussi un peu?
Si un de mes amis "like" ce que j'ai écrit est ce que je peux penser qu'il m'aime aussi un peu?
2014/08/13
Des illusions ou des intuitions?
Ça y est! Ça recommence. Je me pose des questions.
Imagine qu'on est deux à faire le même rêve. Oh.... pas exactement le même, mais en partageant certaines impressions on arrive à comprendre qu'on a joué dans la même scène.
Ça peut commencer ainsi:
J'ai rêvé qu'on marchait tous les deux dans le même chemin. On s'est donné rendez-vous ici, on a mangé cela, il pleuvait. Je portais une jupe rouge et des bottes noires toi... toi, tu avais un manteau... gris, je crois.
Et tu m'as souri.
T'en souviens-tu?
Et alors tu réponds que tu t'en souviens très bien. Et tu ajoutes des détails... et ces détails sont les mêmes que ceux de mon propre rêve.
Est-ce que ça veut dire que tout cela est vrai?
Dans ce rêve, il y avait bien autre chose que des détails, il y avait surtout des sensations...l'intuition profonde que j'étais en paix, heureuse et qu'il y avait encore mille expériences à venir.
Un peu de crainte, beaucoup d'excitation. Des couleurs en myriades.
J'avais accès à une conscience suraigüe de l'importance de chacune des millisecondes que je vivais.
Puis, beaucoup trop vite, je me suis réveillée.
Suis-je vraiment éveillée? Autour de moi, je reconnais des objets familiers qui n'étaient pas dans mon rêve: les murs de ma chambre, le rideau à ma fenêtre qui vole légèrement... un agenda qui me rappelle le temps qui passe.
Et toi... tu n'y es plus, tu ne te souviens plus...
Imagine qu'on est deux à faire le même rêve. Oh.... pas exactement le même, mais en partageant certaines impressions on arrive à comprendre qu'on a joué dans la même scène.
Ça peut commencer ainsi:
J'ai rêvé qu'on marchait tous les deux dans le même chemin. On s'est donné rendez-vous ici, on a mangé cela, il pleuvait. Je portais une jupe rouge et des bottes noires toi... toi, tu avais un manteau... gris, je crois.
Et tu m'as souri.
T'en souviens-tu?
Et alors tu réponds que tu t'en souviens très bien. Et tu ajoutes des détails... et ces détails sont les mêmes que ceux de mon propre rêve.
Est-ce que ça veut dire que tout cela est vrai?
Dans ce rêve, il y avait bien autre chose que des détails, il y avait surtout des sensations...l'intuition profonde que j'étais en paix, heureuse et qu'il y avait encore mille expériences à venir.
Un peu de crainte, beaucoup d'excitation. Des couleurs en myriades.
J'avais accès à une conscience suraigüe de l'importance de chacune des millisecondes que je vivais.
Puis, beaucoup trop vite, je me suis réveillée.
Suis-je vraiment éveillée? Autour de moi, je reconnais des objets familiers qui n'étaient pas dans mon rêve: les murs de ma chambre, le rideau à ma fenêtre qui vole légèrement... un agenda qui me rappelle le temps qui passe.
Et toi... tu n'y es plus, tu ne te souviens plus...
2014/07/23
25 ans d'Olibilou
Aujourd'hui vers15h27, ce sera son quart de siècle et mes noces d'or avec Olivier Normandin,
mieux connu sous le nom de Olibilou Dit Bilou, né à Montréal, d'une
maman normale, sur l'air de Don't worry be happy" de Bobby MacFerrin.
Cette journée-là, tout s'est absolument passé en douceur. Mais Olivier, lui, criait tellement fort qu'il a fait rire tout le personnel de l'hôpital.
Joyeux anniversaire mon bébé!
Cette journée-là, tout s'est absolument passé en douceur. Mais Olivier, lui, criait tellement fort qu'il a fait rire tout le personnel de l'hôpital.
Joyeux anniversaire mon bébé!
2014/07/18
le comté d'un prince nommé Édouard
Le prince Edward County
C'est tout à çoté de chez nous, pourtant, quand j'ai dit à mes amis que j'y allais faire un tour, peu d'entre eux connaissaient ou y étaient déjà allés.
Alors si je vous dit Sandbanks?
Ah oui bien sûr! C'est magnifique.
Je suis allée y passer 5 jours. C'est en effet magnifique. Et tellement pas loin.
Je triche un peu et vous ajoute des photos disons.... entre Kingston et Coboug.
Lemoine Point Conservation Area
![]() |
Bien sûr, pas besoin d'aller très loin pour trouver des asclépiades, mais ici au Lemoine Point Conervation area, leur parfum, en cette fin de soirée de début de juillet était si capiteux et sucré que c'est le principal souvenir qu'il me reste de ma balade en vélo. |
![]() | |
De nombreux lieux de détente le long du lac Ontario dans ce parc provincial. |
Le parc de Presqu'ile
![]() |
André Reny devant le phare du parc de Presqu'Ile. |
![]() |
J'ai enlevé mes sandales pour toucher l'eau qui était, au pied du phare... glaciale, mais, oh combien jolie |
![]() |
Les cèdres blancs dont la déformation a attiré des milliers de derrières et qui sont sûrement les arbres les plus souvent photographiés de la région. On dirait qu'ils ont été vernis par le frottement des popotins.Plage municipale de Wellington vu de mon camion. L'eau y est turquoise comme......à la marina de la petite ville |
![]() |
Parc de Presqu ïle, près de Brighton |
![]() |
Deseronto |
![]() |
Bout de plage secrète de doux galets |
![]() |
On se croirait en Bourgogne, on est près du Lac Consecon, sur une des nombreuses route des vins |
Un autoportrait avec André Reny, dans le restaurant boutique d'antiquités "The end of the thread" à Brighton |
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2014/07/13
L'amour comme le lait
On utilise, complètement à tort, l'expression "montée de lait" pour parler
d'un coup de colère irrépressible. Je déteste ce détournement de sens.
D'accord pour l'irrépressible, évidemment pas pour la colère. Parce que
le lait ce n'est pas de la colère. Tout au contraire.
Adolescente, je me souviens avoir tenu mes nouveaux petits seins dans mes mains en me demandant comment diable il pourrait en sortir du lait... un jour. Mon incrédulité était totale: "Pas moi, je ne serai jamais capable de faire ça! Ça ne sortira pas." Il y avait comme un sentiment d'indécence un brin dégoûtée dans l'idée que du liquide sortirait de moi et que quelqu'un en mangerait.
??!! beurk... comme une vache?
Puis, plusieurs années plus tard, l'expérience est arrivée.
Dans les jours qui ont suivi la naissance de Charles, mon premier enfant, le cul amoché par un accouchement "fulgurant", presque incapable de m'asseoir tellement ça faisait mal, je me suis retrouvée avec deux ballons gonflés et douloureux à la place de mes jolis bijoux de décolleté. Tellement pleins, que Charles était incapable de les téter. Les mamelons étant disparus dans l'enflure, il n'avait pas de prise pour aller chercher son lait. Il a fallu que je trouve le moyen "mécanique" de laisser couler un peu de cette liqueur pour débloquer le canal qui allait se tisser entre lui et moi. Ce que j'ai fait, je vous passe les détails.
C'est comme ça que ça a commencé.
C'est quoi le rapport entre l'amour et le lait?
La situation est venue, simplement.
Pendant six mois, il était là, assoiffé, affamé. Mes seins étaient là, remplis de lait à lui offrir.
Quand il avait bu, il allait mieux, j'allais mieux. Tout le monde allait mieux.
J'expérimentais un miracle tout simple et banal, sans que ma volonté ou ma grandeur d'âme n'y aient été pour quoi que ce soit.
Et j'étais reconnaissante et fière de cette nouvelle faculté que je découvrais en moi. Je savais fabriquer quelque chose de vraiment précieux, pour offrir à quelqu'un. Ce quelqu'un l'a pris parce que c'était bon pour lui. Notre échange tacite nous a fait grandir tous les deux.
Mais, qui donc gagnait le plus dans cet échange?
À première vue, c'est le bébé qui boit non?
Pensons-y un peu. Il y gagne clairement. Ce lait est essentiel à sa survie.
Et il en a bien profité en prenant une livre par semaine au début.
Mais moi, comme adulte, qui avait fini de grandir dans mon corps, mais qui était loin d'avoir compris tout ce ce qu'il y a à comprendre, j'y gagnais quoi?
Si le bébé avait refusé ou n'avait pas été capable de boire, je n'aurais eu d'autre choix que de bander mes seins, prendre un quelconque médicament pour faire cesser le jaillissement, redevenir sèche à nouveau.
Enfin! normale.
J'aurais vécu cet épisode comme une poussée de fièvre dont il faut guérir.
Mais, au contraire et heureusement, parce qu'il prenait ce qui était offert, j'y ai gagné cette révélation incomparable: Je possédais, moi aussi, une puissance quasi miraculeuse dont j'avais toujours doutée. Je pouvais, en laissant simplement les choses arriver, en débloquant doucement et fermement le canal, laisser jaillir une source vitale, immense, nourrissante et sucrée, du lait comme de l'amour.
Ehhh! J'ai dit "amour"?
.
Et c'était bon.... et simple.
Les enseignements de mon aimable corps m'avaient fait comprendre qu'il n'y a pas de honte ou d'indécence à être emplie de lait à offrir..Ce sont des choses qui arrivent quand il le faut. Et c'est très bien ainsi. Cela arrive, puis se termine. Il vient un temps où pour toutes sortes de raison, le lait n'est plus aussi nécessaire au bébé ou alors que la mère n'a plus toute la disponibilité pour en offrir. Alors, les seins cessent doucement d'en fabriquer. Ils redeviennent plus petits, plus secs, mais gardent avec gratitude la mémoire de ce qu'ils ont vécu.
Quelques mois plus tard, j'allais retrouver l'expérience, à la fois semblable et différente, quand Olivier, à son tour, me ferait revivre cette grâce, cette fois, plus facilement, plus doucement mais tout aussi intensément.
Voilà pour l'histoire du lait.
Bien du temps a passé pour moi depuis cette découverte.
Revenons donc à l'amour et au lait.
Ben, dans ce cas, le cas de l'amour quoi, ce ne sont pas mes seins qui sont gonflés de lait. C'est mon coeur qui est gonflé de boum boum. C'est ma poitrine qui dégèle doucement. C'est mon sang qui circule. Mon cerveau qui grésille, qui découvre et veut découvrir encore. Mes oreilles qui veulent écouter. Ma gorge qui chante. Mes jambes qui dansent. Mes mains qui touchent. Ma tête qui veut se déposer. Mes doigts qui pianotent sur le clavier et qui ajoutent plein de ponctuations. Mon nez qui cherche et reconnaît les odeurs. Mes yeux qui s'ouvrent, voient de nouvelles couleurs puis se referment fatigués. Ma bouche qui parle trop. Ma langue qui s'étire, trop bien pendue. Mon front qui se plisse. Et j'écris, j'écris... Et je lis. Et je ris et pleure plus que jamais. C'est un mouvement, une ouverture inattendue .. irrépressible, un jaillissement heureux, dérangeant et terrifiant, mais.... pas honteux.
Ça, je dois admettre que c'est plus facile à dire qu'à vivre.
Parce que la peur de tomber dans l'indécence des sentiments, je connais. J'ai été certifiée en discrétion des émois. J'ai été nourrie au biberon de la dignité victorienne.
Pourtant, si je lui accorde un peu mon attention, mon corps toujours si sage me chuchote:
"Y'a pas de honte ni d'indécence à montrer ton coeur bien gorgé. Il n'y a pas de danger. C'est quelque chose qui arrive et c'est très bien ainsi. Ceux qui se moquent n'ont rien compris. Toi tu le sens et tu en profites. il était temps que tu me secoues un peu, ça rouillait ici.
Répète bien ce mantra.
Si c'était si facile à comprendre pour le lait, tu devrais pouvoir le comprendre pour l'amour.
C'est une faculté miraculeuse en toi. Un petit moteur. Une génératrice. Une énergie vitale qui a toujours été là, que tu connais, qui veut jaillir, mais qui n'en a pas trouvé l'occasion depuis longtemps. Ne la bande pas, ne la compresse pas. Utilise-la, canalise-la. il n'y a ni orgueil ni dignité à rester sèche et froide. Pas de honte de ce que tu ressens.
Ce n'est pas une maladie dont il faut guérir, c'est la vie qui remonte et coule généreusement en toi.
Contemple, remercie, apprécie et offre, c'est ce que tu as de mieux à faire pour le moment.
Et ... essaie de le dire, tu verras ben qu'on n'en meurt pas"... et que... de toutes façons, ça ne passera pas aux nouvelles. Dans les chaumières, on parlera davantage du résultat de la Coupe du Monde.
Alors, je l'écris dans un élan impudique et rigolant.
Comme on montre avec fierté et sans gêne qu'on sait aller à bicyclette en lâchant le guidon, qu'on peut rester sous l'eau 2 minutes sans respirer, qu'on est capable de soulever une grosse haltère, qu'on peut chanter les notes sur deux octaves, qu'on peut faire pousser des tomates ou qu'on a trouvé la plus magnifique talle de bleuets au détour d'un chemin.
Ou, peut-être, comme, je viens tout juste de me souvenir, comme quand, petite fille, sans avertissement, j'ai baissé mes caleçons à dentelle fleurie et que j'ai montré mes fesses aux oncles et aux tantes réunis dans le salon pour amuser la galerie, faire choquer tout le monde et aussi, un peu, pour montrer que je n'avais peur de rien.
Évidemment, ça a fini dans ma chambre avec une courte fessée: "Si tu les montres c'est que tu veux les faire taper!"
Je me souviens trop bien de ma naïve colère devant cette censure inattendue, cuisante et surtout humiliante et combien j'avais un peu, pas mal regretté mon geste. Mais ça c'est une autre histoire. Je disgresse.
Bref, l'amour c'est un peu comme le lait.
C'est une faculté qu'on a, qu'on peut oublier et qui revient pour être offerte.
Et mon coeur, comme mes seins, n'en sont que plus sereins et plus pleins de laisser cela jaillir et couler sans retenue.
Pensez-y un peu la prochaine fois que vous entendrez quelqu'un s'écrier à tort et à travers qu'il fait "une montée de lait".
Adolescente, je me souviens avoir tenu mes nouveaux petits seins dans mes mains en me demandant comment diable il pourrait en sortir du lait... un jour. Mon incrédulité était totale: "Pas moi, je ne serai jamais capable de faire ça! Ça ne sortira pas." Il y avait comme un sentiment d'indécence un brin dégoûtée dans l'idée que du liquide sortirait de moi et que quelqu'un en mangerait.
??!! beurk... comme une vache?
Puis, plusieurs années plus tard, l'expérience est arrivée.
Dans les jours qui ont suivi la naissance de Charles, mon premier enfant, le cul amoché par un accouchement "fulgurant", presque incapable de m'asseoir tellement ça faisait mal, je me suis retrouvée avec deux ballons gonflés et douloureux à la place de mes jolis bijoux de décolleté. Tellement pleins, que Charles était incapable de les téter. Les mamelons étant disparus dans l'enflure, il n'avait pas de prise pour aller chercher son lait. Il a fallu que je trouve le moyen "mécanique" de laisser couler un peu de cette liqueur pour débloquer le canal qui allait se tisser entre lui et moi. Ce que j'ai fait, je vous passe les détails.
C'est comme ça que ça a commencé.
C'est quoi le rapport entre l'amour et le lait?
La situation est venue, simplement.
Pendant six mois, il était là, assoiffé, affamé. Mes seins étaient là, remplis de lait à lui offrir.
Quand il avait bu, il allait mieux, j'allais mieux. Tout le monde allait mieux.
J'expérimentais un miracle tout simple et banal, sans que ma volonté ou ma grandeur d'âme n'y aient été pour quoi que ce soit.
Et j'étais reconnaissante et fière de cette nouvelle faculté que je découvrais en moi. Je savais fabriquer quelque chose de vraiment précieux, pour offrir à quelqu'un. Ce quelqu'un l'a pris parce que c'était bon pour lui. Notre échange tacite nous a fait grandir tous les deux.
Mais, qui donc gagnait le plus dans cet échange?
À première vue, c'est le bébé qui boit non?
Pensons-y un peu. Il y gagne clairement. Ce lait est essentiel à sa survie.
Et il en a bien profité en prenant une livre par semaine au début.
Mais moi, comme adulte, qui avait fini de grandir dans mon corps, mais qui était loin d'avoir compris tout ce ce qu'il y a à comprendre, j'y gagnais quoi?
Si le bébé avait refusé ou n'avait pas été capable de boire, je n'aurais eu d'autre choix que de bander mes seins, prendre un quelconque médicament pour faire cesser le jaillissement, redevenir sèche à nouveau.
Enfin! normale.
J'aurais vécu cet épisode comme une poussée de fièvre dont il faut guérir.
Mais, au contraire et heureusement, parce qu'il prenait ce qui était offert, j'y ai gagné cette révélation incomparable: Je possédais, moi aussi, une puissance quasi miraculeuse dont j'avais toujours doutée. Je pouvais, en laissant simplement les choses arriver, en débloquant doucement et fermement le canal, laisser jaillir une source vitale, immense, nourrissante et sucrée, du lait comme de l'amour.
Ehhh! J'ai dit "amour"?
.
Et c'était bon.... et simple.
Les enseignements de mon aimable corps m'avaient fait comprendre qu'il n'y a pas de honte ou d'indécence à être emplie de lait à offrir..Ce sont des choses qui arrivent quand il le faut. Et c'est très bien ainsi. Cela arrive, puis se termine. Il vient un temps où pour toutes sortes de raison, le lait n'est plus aussi nécessaire au bébé ou alors que la mère n'a plus toute la disponibilité pour en offrir. Alors, les seins cessent doucement d'en fabriquer. Ils redeviennent plus petits, plus secs, mais gardent avec gratitude la mémoire de ce qu'ils ont vécu.
Quelques mois plus tard, j'allais retrouver l'expérience, à la fois semblable et différente, quand Olivier, à son tour, me ferait revivre cette grâce, cette fois, plus facilement, plus doucement mais tout aussi intensément.
Voilà pour l'histoire du lait.
Bien du temps a passé pour moi depuis cette découverte.
Revenons donc à l'amour et au lait.
Ben, dans ce cas, le cas de l'amour quoi, ce ne sont pas mes seins qui sont gonflés de lait. C'est mon coeur qui est gonflé de boum boum. C'est ma poitrine qui dégèle doucement. C'est mon sang qui circule. Mon cerveau qui grésille, qui découvre et veut découvrir encore. Mes oreilles qui veulent écouter. Ma gorge qui chante. Mes jambes qui dansent. Mes mains qui touchent. Ma tête qui veut se déposer. Mes doigts qui pianotent sur le clavier et qui ajoutent plein de ponctuations. Mon nez qui cherche et reconnaît les odeurs. Mes yeux qui s'ouvrent, voient de nouvelles couleurs puis se referment fatigués. Ma bouche qui parle trop. Ma langue qui s'étire, trop bien pendue. Mon front qui se plisse. Et j'écris, j'écris... Et je lis. Et je ris et pleure plus que jamais. C'est un mouvement, une ouverture inattendue .. irrépressible, un jaillissement heureux, dérangeant et terrifiant, mais.... pas honteux.
Ça, je dois admettre que c'est plus facile à dire qu'à vivre.
Parce que la peur de tomber dans l'indécence des sentiments, je connais. J'ai été certifiée en discrétion des émois. J'ai été nourrie au biberon de la dignité victorienne.
Pourtant, si je lui accorde un peu mon attention, mon corps toujours si sage me chuchote:
"Y'a pas de honte ni d'indécence à montrer ton coeur bien gorgé. Il n'y a pas de danger. C'est quelque chose qui arrive et c'est très bien ainsi. Ceux qui se moquent n'ont rien compris. Toi tu le sens et tu en profites. il était temps que tu me secoues un peu, ça rouillait ici.
Répète bien ce mantra.
Si c'était si facile à comprendre pour le lait, tu devrais pouvoir le comprendre pour l'amour.
C'est une faculté miraculeuse en toi. Un petit moteur. Une génératrice. Une énergie vitale qui a toujours été là, que tu connais, qui veut jaillir, mais qui n'en a pas trouvé l'occasion depuis longtemps. Ne la bande pas, ne la compresse pas. Utilise-la, canalise-la. il n'y a ni orgueil ni dignité à rester sèche et froide. Pas de honte de ce que tu ressens.
Ce n'est pas une maladie dont il faut guérir, c'est la vie qui remonte et coule généreusement en toi.
Contemple, remercie, apprécie et offre, c'est ce que tu as de mieux à faire pour le moment.
Et ... essaie de le dire, tu verras ben qu'on n'en meurt pas"... et que... de toutes façons, ça ne passera pas aux nouvelles. Dans les chaumières, on parlera davantage du résultat de la Coupe du Monde.
Alors, je l'écris dans un élan impudique et rigolant.
Comme on montre avec fierté et sans gêne qu'on sait aller à bicyclette en lâchant le guidon, qu'on peut rester sous l'eau 2 minutes sans respirer, qu'on est capable de soulever une grosse haltère, qu'on peut chanter les notes sur deux octaves, qu'on peut faire pousser des tomates ou qu'on a trouvé la plus magnifique talle de bleuets au détour d'un chemin.
Ou, peut-être, comme, je viens tout juste de me souvenir, comme quand, petite fille, sans avertissement, j'ai baissé mes caleçons à dentelle fleurie et que j'ai montré mes fesses aux oncles et aux tantes réunis dans le salon pour amuser la galerie, faire choquer tout le monde et aussi, un peu, pour montrer que je n'avais peur de rien.
Évidemment, ça a fini dans ma chambre avec une courte fessée: "Si tu les montres c'est que tu veux les faire taper!"
Je me souviens trop bien de ma naïve colère devant cette censure inattendue, cuisante et surtout humiliante et combien j'avais un peu, pas mal regretté mon geste. Mais ça c'est une autre histoire. Je disgresse.
Bref, l'amour c'est un peu comme le lait.
C'est une faculté qu'on a, qu'on peut oublier et qui revient pour être offerte.
Et mon coeur, comme mes seins, n'en sont que plus sereins et plus pleins de laisser cela jaillir et couler sans retenue.
Pensez-y un peu la prochaine fois que vous entendrez quelqu'un s'écrier à tort et à travers qu'il fait "une montée de lait".
2014/05/17
Mes défis boondocking: Caroline du Sud, Georgie et Floride
![]() |
La pluie battante, ça finit par fatiguer. Je me suis arrêtée pour un dodo à Aiken ,en Caroline du Sud, dans un Home Depot. Les rues de cette jolie petit ville était illuminées des lumières de Noël. Au réveil, j'ai été frappée par cette scène: Ici, on vend en même temps des plantes vivaces à transplanter au jardin et des sapins de Noël coupés. |
J'ai traveversé la Georgie par des routes secondaires, histoires de me remplir les yeux du spectacles de ses grandes plantations, de noix, pacanes (qu'on voit sur cette photo).Les champs de coton s'effilochaient, laissant voir les ballots blancs qu'on aurait pris pour des guimauves géantes. Les nombreuses pinèdes quant à elles, bordaient les routes en rangs serrés de sentinelles unijambistes . |
![]() |
À Thalahasee en Floride, j'ai dormi dans un stationnement d'un Lowes |
![]() |
J'y ai découvert une chaîne d'alimentation que j'adore dorénavant: Trader Joe's. Ce soir-là, j'ai mangé de délicieux pétoncles à la crème, avec une salade composée et un verre de chardonnay. |
Enfin arrivée à Bald Point State Park, il n'y a personne, la mer est toute à moi. Le soleil est chaud, je pourrai mettre mes pieds dans l'eau, mais le vent est tout de même frisquet.
Il est interdit d'apporter de l'alcool sur la plage.... je verse donc ma bière dans ma bouteille, je prépare mon lunch et je vais faire mon premier après-midi de "beach" du voyage.
2014/05/12
Je serai belle comme dans les magazines
Je suis encore à tester l'apparence idéale pour ce blogue. Cela fait plus de 8 ans qu'il existe. À l'époque, pas grand monde que je connaissais ne savait encore ce qu'était un blogue.Ça ne me rajeunit pas, mais au moins, ça me fait sentir comme une pionnière à ma façon. Cette fois, j'essaie le format magazine. Il parait que c'est un affichage plus dynamique. Commentez sa nouvelle robe!
Modification encore!
Ce 19 juillet 2014, je retourne à une apparence plus simple pour ce blogue qui décidément a les mêmes hésitations que moi. Être simple et risquer d'être plate ou éclatée pour un peu plus de dynamisme.
Modification encore!
Ce 19 juillet 2014, je retourne à une apparence plus simple pour ce blogue qui décidément a les mêmes hésitations que moi. Être simple et risquer d'être plate ou éclatée pour un peu plus de dynamisme.
Mes défis boondocking: Lac Champlain
Je rêvais depuis longtemps de devenir bohémienne à temps partiel, en attendant de m'y mettre à temps plein. Il y a longtemps que je reluque les petits motorisés et j'ai craqué il y a deux ans pour un safari condo qui est en fait une version nord-américaine d'un Westphalia. Pour moi qui ne suis pas mécano pour deux sous, c'est plus sûr.
Bref, sur un coup de tête longuement mijoté, je suis devenue la proprio d'un CRAC (Chalet Roulant d'Amérique Chéri). Depuis deux ans, j'ai fait quelques voyages avec lui (parce que c'est un lui).
Je partagerai ici quelque lieux et clichés des endroits où j'ai dormi, le plus souvent à la sauvage ou en boundocking comme on dit en angais, c'est à dire dans des endroits qui ne sont pas officiellement des terrains de camping, qui n'offrent aucun service particulier et qui SONT GRATUITS et souvent beaucoup plus intéressants que des campings normaux... au coeur de la ville ou dans des endroits super tranquilles.
Bref, sur un coup de tête longuement mijoté, je suis devenue la proprio d'un CRAC (Chalet Roulant d'Amérique Chéri). Depuis deux ans, j'ai fait quelques voyages avec lui (parce que c'est un lui).
Je partagerai ici quelque lieux et clichés des endroits où j'ai dormi, le plus souvent à la sauvage ou en boundocking comme on dit en angais, c'est à dire dans des endroits qui ne sont pas officiellement des terrains de camping, qui n'offrent aucun service particulier et qui SONT GRATUITS et souvent beaucoup plus intéressants que des campings normaux... au coeur de la ville ou dans des endroits super tranquilles.
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C'était une journée pluvieuse, mais voyez la vue que j'avais de mon lit au réveil. |
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Dans une descente de bateau, sur les bords du Lac Champlain. en face du Sand Bar State Park .J'ai tout juste eu le temps de souper avant qu'un hyper-orage ne s'abatte sur moi. J'ai vite refermé le toit pour finalement m'endormir au son de la pluie battante et des coups de tonnerre. |
Mes défis boondocking: Maine, Massachussett et Rhodes Island
Stationnement de l'hôpital de York, dans le Maine. Il y a même des tables à pique-nique. Un hôpital, c'est ouvert 24h/24. Il y a toujours quelques voitures stationnées. On y dort tranquille et en sécurité. |
Plage de York harbor, à 10 minutes à pied de l'Hôpital. Stationnement gratuit pour 4 heures, avec des douches et des toilettes. Très familial. Un grand parc jardin qui surplombe une jolie petite baie.
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2014/05/08
Mes défis boundocking: état de New-York dans les Adirondaks
Descente de bateau du La Chasy, dans les Adirondaks |
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Au Macomb reservation State Park dans la zone des pique-niques, mon CRAC au loin, à une 30 aine de kilomètres de Plattsburgh |
Mes défis boondocking: New-Jersey-Delaware
Question existentielle: tous les souvenirs et les impressions de voyage
qu'on glane au fil du parcours existent-ils autant si on n'a personne
avec qui les partager? Ainsi: les 2 petits vieux qui roulaient un canot
sur un petit chariot à la descente de bateau de Burlington au New Jersey
pour aller faire une promenade sur le Delaware?
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C'est dans cette descente de bateau au New-Jersey près de Burlington, que j'ai vu deux magnifiques petits vieux transporter leur canot dans une barouette comme mon frère en avait quand il était petit, le descendre doucement dans le Delaware River et partir à canoter gaiement. |
Ici, une des aires à pique-nique en fin d'après-midi au Cape Henlopen State Park |
Il y a deux state parks -Cape Henlopen ou Delaware Seashore State Park qui ont des installations de camping le long de la mer au Delaware. Le premier est très grand et les sites sont corrects. Il faut quand même marcher pas mal entre le terrain de camping et la plage la plus proche. Le second est un stationnement géant sans la moindre ombre.
La plage est magnifique.
Quelques scènes croquées lors d'une journée à la mer. Un grand groupe de Amish en pique-nique et baignade au Delaware Seashore State Park
Moi, je choisis le meilleur des deux mondes avec une passe quotidienne (ou annuelle) pour profiter des installations de jour de n'importe lequel d'entre eux (toilettes, douches, aires de pique-nique...). En fin de journée, je fais un pique-nique en regardant le soleil se coucher sur la mer ou je termine la soirée au resto en ville, pour rentrer à pied dans mon CRAC, gentiment stationné dans une rue tranquille de Rehobooth Beach ou de Lewes.
Au réveil, dans une rue de Rehobooth Beach |
Près d'un parc, dans une rue résidentielle de Rehobooth Beach, à quelques pas de la mer et des restaurants |
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Rehobooth Beach est une agréable station balnéaires avec un boardwalk, mais surtout un quartier résidentiel très chouette |
C'est bien connu, la plupart des Walmart permettent aux caravaniers de "stationner" leur motorisé pour une nuit ou deux, sans frais. C'est bien pratique. Mais moi, quand je suis pressée et que j'ai besoin d'un dodo sécuritaire et commode, ce sont les Lewes ou les Home Depot que je préfère, près des cabanes à jardin. C'est tranquille, il y en a partout, ils sont généralement situés près des grands axes routiers, il y a des caméras de surveillance et m'offrent le Wifi gratuit dans le confort de mon foyer. |
Pour arriver ou repartir du Delaware, le traversier entre Cape May et Cape Henlopen |
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