2011/03/14

Esta prohibido!

Je me suis fait piquer ma pince à sourcil qui était dans ma petite mallette de coquetterie depuis 200 ans. Elle avait pourtant déjà voyagé "sans sourciller" en avion aux États-Unis, en Argentine, au Chili, en Allemagne, en France, en Espagne et bien sûr à Cuba.

"Esta prohibido" m'a dit le douanier.

Arme dangereuse, on pourrait détourner un avion avec ça! (Ça c'est moi qui le dit.)

Monqiue, ma grande soeur, pour me calmer m'a dit.... pense à un robinet Hélène... un robinet dans un sac à dos...

Ceci dit, elle a bien remarqué, elle aussi, que c'est la douanière qui avait sonné l'alerte, entraînant la fouille intégrale du contenu de mon sac à dos. Elle lui a soupçonné de la convoitise...

2011/02/19

Le pain et levain

J'ai acheté une machine à pain usagée le 28 décembre 2010 et voilà presque 2 mois que je n'ai plus acheté de pain. Je m'amuse avec ce jouet comme je ne l'aurais jamais imaginé en démoulant mes pains amoureusement. C'est chaud, c'est tendre, ça sent bon.
Depuis une semaine, j'expérimente la "poolish" ou levain sur levure. Un procédé d'origine polonaise qui consiste à faire lever une pâte très liquide avec une toute petite quantité de levure pendant plusieurs heures pour "ensemencer" ensuite le pain.
C'est très simple, ça ne demande pas autant de surveillance que de prendre soin d'un véritable levain et ça change beaucoup la texture et le goût du pain qui devient très élastique et qui développe un goût plus complexe et plus fin.

2010/02/20

Punta del Diablo ou des vacances au diable vert

C'est où Punta del Diablo?

C'est en Uruguay, tout près de la frontière du Brésil. On y a passé des vacances du Nouvel An avec notre amie Silvia et ses enfants. En partant de Montréal, on peut dire que c'est le diable vert, mais à vrai dire, ça ressemble plus au paradis qu'à l'enfer.

On prévoit que ce sera le prochain St-Tropez. En ce moment, c'est encore vachement décontracté, totalement envahi par des jeunes entre 15 et 30 ans.

Les hôtels (rares) sont de taille moyenne et la plupart des restaurants sont des petites installations semi temporaires qui servent des spécialités locales comme les bunuelos de algua, du poisson grillé, des calmars frits et bien sûr des chivitos canadienses.


Ne me demandez pas ce qu'il y a de canadien dans ces chivitos, qui sont des sandwichs de boeuf, avec un oeuf, du fromage, de la tomate, de laitue et de la mayonnaise. C'est servi avec des frites et c'est pas cher.
Tout récemment, on a ouvert un guichet automatique pas loin du centre du le village, ce qui fait entrer le lieu sur la carte des services aux touristes. On construit énormément et les prix des terrains comme ceux des location des chalet subissent des hausses rapides depuis quelques années.

La mer est fabuleuse, les amateurs de surf peuvent s'amuser toute la journée. Si on marche un peu on peut se retrouver presque seul sur la plage, même dans le "peak" de la saison (entre le 30 décembre et le 10 janvier.
Voici un petit diaporama de nos vacances...


2010/02/06

Avancez en arrière!

J'avais envie comme envie de pleurer hier en écoutant
Qu'est-ce qui me fait le plus réagir dans cette histoire?

A) Le fait que la Ministre (notre "general in chief") ne comprenne visiblement pas le dossier de l'évaluation

B) qu'elle répande sottises et faussetés allègrement sous les applaudissements des journalistes à grosse cote d'écoute démontrant ainsi un fabuleux flair politique

C) qu'elle prenne des décisions intempestives à partir de considérations strictement populistes sans égard aux dommages collatéraux

D) Que ses décisions aillent à l'encontre de mes convictions. Je devrais dire nos convictions, parce qu'on est une grosse gang d'enseignants, de conseillers pédagogiques, de directions d'école à ramer depuis 10 ans dans le sens d'un progrès.

E) Que nous n'ayons strictement aucun pouvoir là-dessus

F) que notre voix n'ait pas été entendue parce que les réalités plus nuancées prennent trop de temps pour des clips radio ou télé

Pour le A et le B, on pourrait écrire un texte virulent pour ridiculiser ses confusions: ex. " Nous allons demander aux enseignants d'être vigilants pour s'assurer qu'il n'y aura pas de cote dans les bulletins"
OUHHou! madame la ministre, c'est que dans vos instructions annuelles datant de septembre 2007, qui précisaient des éléments du Régime Pédagogique, vous avez expressément exigé que les bulletins comportent des notes. On suit la consigne nous!
"Actuellement les enseignants ont des catégories de 5 points pour dire si l'élève est nettement au-dessus de la moyenne ou dans la moyenne"
Ouhou! madame la ministre, les enseignants utilisent les échelles de niveau de compétence qui ne parlent pas de moyenne, mais qui décrivent des comportements d'élèves selon qu'il répondent aux exigences du programme. On suit la consigne nous!
"On devra continuer à informer le parent pour qu'il sache si son enfant est capable de travailler en équipe ou d'exercer son jugement critique, mais il y aura une seule note en français(...) qui sera basé sur l'accumulation de ses travaux".
Ouhou! madame la Ministre, le fait d'être capable de travailler en équipe, ou d'exercer son jugement, ça c'est une compétence transversale (oups! je viens de dire un gros mot!) et on fait des commentaires au bulletin pour en parler aux parents. La note unique en français...Oh boy! À ma connaissance, ça fait plus de 40 ans qu'on met au moins trois notes en français: une pour l'écriture, une pour la lecture et une pour la communication orale. Nous... on suit la consigne.

Pour le C, on pourrait essayer de prévoir les dommages, la démobilisation, le cynisme et tenter de les réduire ou assumer qu'on fait partie des dommages et ouvrir une cabane à patates frites qui propose des poutines au confit de canard aux clients. Il paraît que c'est très tendance.

Pour le D, nous pourrions relire l'Illiade et l'Odyssée et s'inspirer de la belle Pénélope qui, pour repousser l'échéance d'un remariage, défaisait sa tapisserie la nuit en attendant le retour de son Ulysse. Mieux: faire jouer toutes les déclarations des Minisses de l'éducation depuis dix ans à l'envers pour voir si on y entend vraiment un message satanique.

Pour le E, on pourrait réciter la prière de la sérénité: " Mon Dieu... Courage de changer... Force d'accepter... Savoir distinguer... Gnangnan..."

Pour le F on pourrait embaucher Patrick Labbé de Mirador pour qu'il nous organise un "spin" et fasse passer notre message: tenter de développer des compétences chez les élèves, c'est simplement s'assurer qu'il savent utiliser leurs connaissances et leurs stratégies
dans des problèmes un peu plus complexes qu'un test "vrai ou faux" ou à choix multiple. C'est tenter de donner du sens à ce qu'ils apprennent pour que ça serve plus longtemps que jusqu'au matin de l'examen. C'est hausser le niveau, augmenter les exigences. C'est moins facile, c'est peut-être de l'utopie, mais c'est autrement plus motivant.
Comme un de mes amis me le disait: C'est comme monter un piano au troisième étage. C'est ben du trouble, mais quand tu l'as fait t'as pas pantoute envie de le redescendre.

Pour le reste.... Il y a toujours Mastercard....

2009/08/24

Fin d'après-midi à Santiago


C'est le genre d'histoire qui fait le bonheur d'une touriste.

Ça commence par un après-midi magnifique à la Casa de la Trova à Santiago de Cuba (une photo ici) , rendez-vous des amateurs de musique traditionnelle cubaine et ça se termine par un épisode rocambolesque en compagnie de Benny Villy, (de son vrai nom Juan Manuel Villy Carbonell), ce remarquable chanteur dont la voix de velours rappelle à s'y méprendre celle du fameux Beny Moré, el barbaro del rythmo.

Tout y est, le costume, la dégaine, la chorégraphie élégante et sophistiquée et par dessus tout, la voix, chaude et envoûtante.
Bon, il y a peut-être quelque centilitres de cerveza Bucanero en trop, mais on ne va pas chipoter un grand artiste pour des détails si... mineurs.

Benny Villy mn'assure qu'il est la réincarantion de Moré. Il a d'ailleurs doublé toutes les scènes chantantes du film El Benny qui relate la vie de celui qu'on considère encore comme le plus grand chanteur cubains de tous les temps.
Sur cette photo, on peut remarquer, derrière la touriste estomaquée de son aventure (moi), les visages hilares des spectateurs, tout heureux de la prestation improvisée dans ce café, le rincon de Billy, ainsi que l'attroupement qui commence à l'extérieur.
Vous pouvez voir ici un extrait vidéo du vrai Benny Moré.
Cette courte video nous présente Juan Manuel Villy Carbonnel dans les rues de Santiago ici

2009/08/18

La stévia st'évident!

Ça fait trop longtemps que j'en parle à tout le monde. J'y vais cette fois sur cette tribune.
La première fois que j'en ai entendu parler remonte à plus de 4 ans. Mon fils qui s'intéresse à tout ce qui pousse et possède des vertus "alternatives" m'a fait goûter quelques feuilles de sa nouvelle plante en pot: de la stevia.
Sur son invitation j'ai machouillé cette feuille pour découvrir une saveur presque écoeurante de sucré, mâtinée d'un arrière goût de réglisse. Une feuille d'un seul coup, c'est trop. WAOW! qu'est-ce que c'est?
Traditionnellement consommée au Paraguay, la stevia, ou "herbe sucrée" a été redécouverte dans les années '70, d'abord par les japonais qui en ont fait le seul édulcorant (autre que le sucre) permis pour les boissons à teneur réduite en calorie.
Je vous suggère cet article de Wikipedia pour en apprendre davantage.
J'y ai entre autre découvert que nous avions le privilège d'avoir facilement accès à cette plante parce qu'elle n'est pas interdite ici, alors que plusieurs pays de la communauté européenne en limitent le commerce.
Elle est facile à trouver en pépinière, facile à cultiver quoique cette vivace non rustique doive être rentrée à l'intérieur pour l'hiver. Il s'agira simplement de l'arroser à l'occasion pour éviter qu'elle ne se dessèche. Alors, je la traite de la même façon que mon plant de romarin. À l'automne, je la déterre, la mets dans un pot, la taille au 2/3, pour récolter ses précieuses feuilles et la place près d'une fenêtre dans un endroit frais.
Elle est facile à bouturer, donc pas la peine de se donner du mal avec les graines qui semblent-il n'ont un faible taux de germination que de 25%.
J'en mets dans mes salades de fruits, mes croustades, mes gâteaux, mes vinaigrettes et surtout dans mes thés et tisanes glacées de l'été. Quand on utilise les feuilles de son propre plant, il faut faire quelques essais pour trouver le bon dosage parce la teneur en "sucré" varie beaucoup d'une plante à l'autre et selon le moment de l'année ou les feuilles ont été récoltées.
Bref, la stevia est une petite merveille que vous voudrez adopter dans votre jardin.

2008/06/03

Dur ! dur! les changements

Le site de Sylvain Trudel , la prochaine évolution industrielle arrive, me remplit de joie. Résolument optimiste, il y cause développement durable dans un esprit terre à terre et dans la perspective que c'est ce qui sera la clé du succès industriel et commercial de demain.
Il m'a fait découvrir ce vidéo qui illustre ce qu'a pu être l'arrivée de la nouvelle technologie "livre" au moyen-âge. Craquant!

2008/05/14

La métaphore de l'éléphant





Il m'arrive souvent d'utiliser des métaphores pour susciter des images fortes, des analogies. On a dit beaucoup de choses sur l'usage des allégories et des métaphores en éducation et plus largement dans les différentes disciplines reliées aux comportements humains. Elles ont certes de nombreuses utilités mais présentent aussi de nombreux pièges.
Dans leur version positive, elles impressionnent la mémoire en utilisant le "déjà vu" pour faciliter la cmpréhension et d'un nouveau concept. Je pars de ce que je connais, je compare, je comprends, je distingue, j'associe, je reconstruis.
En mode négatif, elles cristallisent des lieux communs pour les transformer en vérités inoxydables.

Avec toute la prudence qui est de mise, je déposerai ici quelques unes des métaphores dont j'ai testées l'utilité.

La version courte
Quatre hommes aveugles rencontrent un éléphant. L'un saisit sa jambe et en conclut qu'il s'agit d'un arbre. Le deuxième attrape sa queue et pense que c'est un fouet. Le troisième touche la trompe de l'éléphant et affirme que c'est un tuyau, et le quatrième tapote son flanc et décrète que c'est un mur.
L'homme sage leur dit : " Vous avez tous raison. "

Ses interprétation possibles:
A) la vérité est relative.
Nous voyons ici quatre personnes qui arrivent toutes à des conclusions différentes.

B) la vérité est objective. Il y a vraiment un éléphant qui est la réalité objective, indépendante de tout point de vue personnel.

C) La vérité est complexe, elle comporte diverses facettes, et est parfois très difficile à saisir. Mais elle n'est pas relative. La vérité existe bel et bien, nous devons simplement déterminer quelle pièce du puzzle nous avons dans les mains.
Ces quatre hommes aveugles tombent dans une erreur classique en tirant des conclusions sans avoir suffisamment d'informations à leur disposition. Sur la seule base de la trompe de l'éléphant, il est peu probable que quelqu'un parvienne à la bonne conclusion.

D) La vérité est collective
Ces quatre hommes auraient dû se concerter et échanger leurs informations. En assemblant tous les morceaux, une image plus claire leur serait apparue et ils auraient pu tirer une première conclusion: il ne s'agit pas d'un meuble, mais certainement d'un grand quadrupède. Avec de nouvelles informations, l'image se serait finalement précisée pour révéler l'identité de l'éléphant.

E) La vérité n'est pas facile à voir
Pour voir l'éléphant, il faut une certaine ouverture d'esprit et remettre en question ses principes, ses présomptions et ses croyances.

Nous cherchons tous à nous protéger d'informations qui nous paraissent menaçantes, surtout lorsqu'elles peuvent être vraies.
Imaginons que je sois l'aveugle qui a pris le tronc d'un éléphant pour un tuyau. À la suite de mes découvertes sur la nature même de l'éléphant qui est d'être un tuyau, j'ai écrit de nombreux best-sellers sur la nature intrinsèque des " tuyaux ", donné des conférences à grand succès. On m'a invité dans de nombreuses émissions de télé à titre d'experte. Je compte fonder une chaire dans une université prestigieuse, dédiée à la nature et aux avantages des tuyaux.

Un jour, je reçois ce téléhone d'un jeune journaliste de Radio-Canada:
- Excusez-moi, vous êtes bien l'auteure de "Le tuyau, son secret enfin dévoilé", de "Devenez riches avec les tuyaux" et de "10 tuyaux pour le tuyau"? Comment commentez-vous les récentes études qui démontrent que vous vous êtes trompé lamentablement! Vous ne teniez pas un tuyau. Vous teniez la trompe d'un éléphant !
Comment pourrais-je réagir?
-Vous voulez dire que toutes ces années j'étais dans l'erreur ? Heureusement que vous me le dîtes ! Comment pourrais-je jamais vous remercier ?!

Ma première réaction sera plus probablement de fermer la ligne au nez de mon interlocuteur. Je chercherai à me protéger de ces informations menaçantes, surtout lorsqu'elles peuvent être vraies mais qu'elles bouleversent mes croyances, ce sur quoi j'ai bâti ma réputation et ma carrière.
Peu importe que ces conséquences néfastes soient réelles ou non. Si je me sens menacée, ma réaction est de me boucher les oreilles (j'étais déjà aveugle)et d'ignorer le désir de vérité qui est en moi.

Pensons à Galilée et à son affirmation que la terre était ronde. Qui l'a cru?


Variante: Parabole du pédant et de l'éléphant.
Une variation sur l'antique fable, tirée d'un article de Ned Ludd
Cinq aveugles accompagnés par un pédant (qui avait des yeux mais ne voyait pas pour autant) décidèrent un jour que leur mission dans la vie était de trouver un éléphant. Ils avaient tous entendu dire qu'il existait un animal appelé éléphant, mais aucun d'entre eux n'avait la moindre idée de ce que c'était.
Ils se mirent donc en route, et voyagèrent longtemps, à la recherche de l'éléphant. Finalement, dans un pays lointain, un homme qu'ils avaient croisé en chemin leur dit qu'ils pourraient en trouver un dans la verdure ombreuse d'une forêt avoisinante.
"Donc, mes pauvres frères aveugles", dit le pédant (qui était tout aussi aveugle qu'eux), "il nous faut nous approcher de l'éléphant avec précaution. Nous ne devons pas utiliser la pensée discursive, des concepts, ou tout autre processus mental pour discerner l'éléphant, mais nous ne devons dépendre que de la sensation brute qui nous proviendra de l'éléphant."
Les aveugles acquiscèrent tous, et c'est ainsi que le pédant et les cinq aveugles ser frayèrent un chemin dans les sombres fourrés de la forêt. Enfin, un vieil et calme éléphant, usé par des années de travail et de peine, se tenait dans une clairière, en train de mâcher des feuilles.
Les hommes s'avancèrent doucement, incertains d'où ils étaient, où d'où était l'éléphant. Peu à peu, ils entourèrent l'éléphant, de sorte que chacun d'entre eux se trouvait face à une partie différente du grand animal.
Celui qui se trouvait près du flanc de l'éléphant dit: "Aha! L'éléphant est comme un mur, solide, plat et lisse."
"Non!" s'exclama un autre aveugle, qui se trouvait près d'une des défenses de l'éléphant, "Il ressemble beaucoup à une lance, il est dur pointu.
"Non, non!," rétorqua un troisième, qui tenait la trompe de l'éléphant, "l'éléphant est tout comme un serpent, un immense serpent qui s'enroule sur lui-même".
"Mais vous vous trompez tous," s'étonna le quatrième qui se trouvait près d'une patte, car l'éléphant est exactement comme un arbre, un gros arbre fermement enraciné!"
Le cinquième aveugle, qui se trouvait près de l'oreille de l'animal, dit: "Ach! Vous avez tous tort! Car l'éléphant est comme un éventail, ou la fronde d'un grand palmier!"
Pendant ce temps, le pédant se trouvait derrière l'éléphant. "Aveugles tous vous êtes, et aveugles vous resterez!," s'exclama-t-il, "trompés par vos pensées discursives et vos discriminations. Je vais vous dire précisément ce qu'est l'éléphant!" Sa tête se trouvait juste devant l'anus de l'éléphant, et comme il s'avançait lentement, l'éléphant leva la queue et péta. Et la tête de le pédant pénétra dans le rectum de l'éléphant.
"AHA!" fit l'écho de son grand cri, "La vérité de l'éléphant est vacuité, car il est exactement comme une grande caverne qui pue!"


Comme l'écrivait l'immortel poète:
"Et ainsi ces hommes de l'Hindoustan
se disputèrent fort et longtemps,
chacun soutenant son opinion
obstinément et à l'excès.
Quoique chacun ait eu raison
en partie, pour l'ensemble
ils avaient tous tort!"
-- John Godfrey Saxe
Moralité:
Si vous êtes aveugle, et que vous le savez, ne suivez pas un homme qui a la tête dans le cul (le sien ou celui d'un autre être).

2008/04/22

Gaucho nouveau


Gustavo et la jument Pampita nous offre ce nouveau visage du gaucho et de sa monture. Si Gustavo a troqué la bombacha pour un jeans, il est tout de même chaussé d'alpargatas , des espadrilles traditionnelles. Pampita quant à elle, lorsqu'elle s'habillera, sera sellée à l'anglaise, comme toutes les juments d'Argentine.


2008/04/05

Magnétisée par les boules de lavage?

Disucssion débridée cette semaine à l'heure du dîner: comment ça marche ces boules magnétiques qui permettent de laver sans savon? Et finalement est-ce que ça marche et lave mieux que de l'eau claire sans magnétisme?


Ce week-end, je fais le test et vous en reparle. Mais d'abord, je me suis renseignée.


Les opposants: dans le coin gauche, une compagnie américaine qui m'encourage à penser aux générations futures et à sauvegarder l'eau des lacs et des rivières en cessant d'utiliser des détergents pour laver mon linge en utilisant le pouvoir du magnétisme.


Dans le coin droit, des sceptiques qui doutent et qui ont fait des tests et des convaincus que c'est de la pseudoscience destinée à me vendre un gadget inutile.
Au milieu de tout cela des témoignages divers et contradictoires.


Les conditions du test:
2 brassées en eau tiède, chacune avec une serviette de ratine blanche salie avec du ketchup et de la saleté de plancher (poussière grise), une chaussette de coton grise moyennement sale et une chaussette de coton très sale
Les résultats:
Les deux serviettes de ratine sont ressorties sans tache.
Les deux chaussettes moyennement sales sont ressorties propores.
Les deux chaussettes très sales sont ressortie pour le lavage avec seulement les boules: encore un peu sale, pour la brassée avec du savon: propre.
Aux yeux de certains observateurs la serviette de ratine ayant été lavée avec les boules et sans savon semblait moins éclatante, moins blanche que celle lavée avec du savon.

Conclusion: le ketchup et la saleté ordinaire n'ont pas besoin de savon pour disparaître. Il faudrait maintenant tester les résultats d'un lavage à l'eau tiède sans boules, histoire de vérifier si mettre des boules magnétiques dans une machine à laver a une influence réelle sur la proreté....

Les rebelles vendent... et achètent

On croirait une obsession... encore le visage du Che, cette fois sur un gobelet jetable. L'essai,The Rebel Sell nous explique comment tous les mouvements de contreculture sont éventuellement récupérés pour devenir des produits de consommation.

Un exemple: ce matin, je suis tombée par hasard sur le blogue de Cécile Gladel en cherchant de l'info sur le suremballage. En furetant, j'y trouve ce billet qui vante les mérites de lingettes démaquillantes qu'on peut laver et donc réutiliser, vendues chez Body Shop pour la modique somme de 9$ le paquet de .... on ne sait pas exactement, probablement 4 ou 5 .

Voilà une entreprise qui visiblement tente de profiter de notre (mauvaise) conscience écolo pour vendre très cher une simple bonne idée: se nettoyer le visage avec du tissu plutôt qu'avec un coton jetable et veut nous convaincre d'acheter à fort prix l'idée d'utiliser de petits carrés de tissu doux et absorbant pour se nettoyer le visage.
Pourquoi ne pas tout simplement utiliser une débarbouillette ou un gant de toilette? Des petites éponges réutilisables en cellulose?
Bon, si vraiment on tient à l'idée de "lingette"...
Voici ma proposition:
Acheter un grand chiffon de viscose, de microfibre ou de tricot de coton assez épais comme on en retrouve dans le département de l'entretien ménager ou même automobile.
Le découper en petits carrés de la grandeur désirée.
Eviter les serviettes de ratines, les tissus tissés (pardonnez-moi le pléonasme) ont le désavantage de s'effilocher au lavage .
Pour le lavage, utiliser un sac à mailles pour la lingerie fine.

Mieux:
Aller dans un magasin de tissu et acheter un coupon d'un tissu doux et absorbant.

Et encore mieux:
Recycler le drap de flanelle ou de jersey de coton, la couverture ou la robe de chambre en microfibre, qui aussi remplissent toutes ces conditions. Au besoin, en acheter dans une friperie.

Finalement, pour les plus paresseux, se souvenir qu'une "lingette démaquillante lavable et réutilisable" c'est tout simplement une petite débarbouillette. Dans tous les magasins de linge de maison, on en vend pour les fesses de bébés. Le prix tourne autour de 12 débarbouilettes pour 3$ .

Body Shop, comme bien d'autres rebelles a quelque chose à nous vendre et un sacré talent pour marchandiser des gadgets ni verts ni vrais. Il est naïf de tomber dans leur panneau.

2008/03/21

Il était une fois la Pampa

La vaste étendue de plaine humide et fertile de la pampa ne comportait à l'origine aucun arbre. Pour offrir un écrins d'ombre aux haciendas des richissimes propriétaires terriens de l'oligarchie, on y a planté des ombos, des euclyptus qui sont aujourd'hui les géants souverains de cette plaine si plane qu'on peut y voir le soleil se coucher sous le pis d'une vache.





















2008/02/22

Ah ces régimes!

Depuis quelques semaines m'est venue à l'esprit une analogie qui ne cesse de grandir.
Certaines personnes conçoivent l'éducation et l'instruction de la même façon que leur alimentation, en pensant RÉGIME.
À la télé, depuis le début de l'année, on voit une jolie maman et sa jolie petite fille faire les allées d'un joli supermarché où toutes les victuailles sont étiquetées, analysées, mesurées pour permettre à chacun de "choisir ce qui est bon pour vous". La nouvelle règlementation en matière d'étiquetage exige maintenant qu'on puisse vérifier le nombre de gras trans, de calories, de glucides, de protéines qu'on mettra dans notre panier d'épicerie.
WAOW! enfin! (ici le lecteur aura compris que ceci est de l'ironie)
Du coup, les fruits, légumes, viandes, céréales, produits laitiers sans étiquette me paraissent louches. Je suis grisée de savoir que je pourai calculer chaque bouchée ce qui me permettra de suivre à la lettre et de vérifier l'efficacité de chacun des régimes miracles Atkins, Montignac, Californien et tuttiquanti.

Quel est le lien avec l'éducation?
Dans ce domaine, l'obsession de vouloir mesurer, quantifier, les progrès de nos élèves avec son corollaire, la nécessité de réduire le développement d'une personne à une série de données qui se mesurent rapidement et simplement fait rage depuis longtemps.
Il n'est pas question de cesser d'évaluer et de réguler nos comportements ou nos habitudes(alimentation, ou pratiques éducatives). Les progrès en chimie alimentaire, en sciences du métabolisme et neuropsychologie sont là pour nous faire comprendre mieux comment on fonctionne en tant que machine vivante. Ce que je me demande, c'est si nous avons perdu à ce point nos repères qu'il faille sans cesse sortir les examens, les tests, la balance, le ruban à mesurer pour déterminer si on va bien, si on apprend bien.
J'en fait 2 propositions:
Passons moins de temps le nez dans les étiquettes et plus de temps à popoter et à manger avec plaisir et pour la vie.
Passons moins de temps à faire des examens, des tests et des comparaisons et davantage de temps à lire, à écrire et à partager notre culture dans le plaisir et pour la vie.

orthorexie: obsession pour une saine alimentation

2008/01/26

Café et couette à la cubaine

Pour visiter Cuba autrement qu'en "formule tout inclus" et profiter d'un contact direct avec des hôtes locaux, j'ai envie d'essayer les casas particulars, des cafés couettes cubains qui sont des alternatives sympathiques.
Ce site nous en dresse une liste, avec photos, références et commentaires
http://particuba.com/

2008/01/25

Cuba encore!

Il fait froid dehors et nous sommes nombreux à rêver d'une plage de sable blanc et d'océan tiède pour une ou deux petites semaines.
Si l'envie vous prend d'aller vous ensoleiller à Cuba, une suggestion avant de partir pour ne pas passer complètement à côté de la réalité de l'île, un site qui nous propose de ne pas voyager les yeux fermés et finalement de ne pas bronzer complètement idiot.
Ici, on a droit à une véritable revue de presse sur Cuba. L'équipe éditoriale y est bien sûr très sensible à la liberté d'expression, absente sur l'île. J'ai été intéressée entre autres par l'article sur l'ouvrage La face cachée du Che de Jacobo Machover: http://blog.cubantrip.com/2007/10/06/322/40-ans-apres-sa-mort-le-che-ne-fait-plus-rever/#more-322
Je vous recommande aussi toute la section sur le tourisme qui elle aussi a une face cachée. Comme nous le disait Gabriel: "À Cuba, rien n'est vraiment exactement comme il y paraît."

2008/01/14

Le petit Fontaine ou "dans mon livre à moi"

Je commence ici les premières définitions de mon propre dictionnaire.

Cahiers d’exercicesLe cahier d’exercice est à l’apprentissage à écrire ce que le cahier à colorier est à l’apprentissage de la peinture.

Changement de paradigmePour véritablement apprendre à lire la musique, il faut changer de paradigme. Tant qu’on écrit en haut d’une note dans la portée son équivalent en lettres on reste dans le même référent. Il faut se décider à un moment donné à lire la notation musicale en regardant l’image et la position du symbole.

Cochon
Comme dans l'expression "Tout est bon dans le cochon, ça dépend de ton intention." Dans le même ordre d'idée, je propose aussi: "Tous les chemins mènent à Rome, il s'agit simplement de décider à quelle auberge on a l'intention de faire une halte routière".

Conjuguer
Comme dans conjuguer la gratitude: Hier, c'est du passé souvent imparfait, demain c'est du futur pas si simple, aujourd'hui c'est un cadeau. On l'appelle présent.

DifférenciationDans la relation pédagogique comme dans la relation amoureuse, pas besoin d’expérimenter toutes les positions du Kama Sutra. Pour soutenir la motivation et atteindre l’extase, il suffit, la plupart du temps, de quelques variations et d’un maximum de flexibilité.


Prendre du recul
En vieillissant, la presbytie nous oblige à augmenter la distance entre la feuille et les yeux pour être en mesure de lire un message. C’est une façon de nous enseigner que la sagesse nous demande de prendre du recul pour mieux comprendre une situation.

Question

"Une bonne question est un aveu d'ignorance exprimé avec compétence. " (inconnu)
Cette définition n'est pas de moi, mais quand je l'ai lue la première fois, j'ai été consolée de toutes ces fois, où absolument incapable de donner une réponse, je n'avais que des questions en tête. Je prends donc aujourd'hui la résolution de poursuivre mon doctorat es questions.

SSMART
Sur Wikipedia on offre un acronyme qui me permettra de me souvenir des qualités à rechercher pour des objectifs: Simples et Spécifiques,Atteignables, Mesurables, Réalistes et finalement, limités dans le Temps.

2008/01/13

Santiago de Cuba

Mardi matin, dans un marché de Santiago ...





















Quand la viande est belle on peut être fier de son étal de boucher.

Si le train ne passe pas trop souvent, on pourra manger des courges dans quelques jours.
"La patrie avant tout"










À l'ombre d'un arbre, devant la Moncada, le poste de police que Fidel a attaqué dans une tentative de coup d'état contre le régime de Batista, des habitants de Santiago observent les touristes. Le théâtre de ce coup finalement assez foireux est devenu une halte obligée des tours de ville.





L'intérieur du collège jésuite de Dolorès où Fidel Castro a étudié
















Ces petites filles à la sortie de l'école ne peuvent résister à la musique qu'on joue dans la rue en face.
Approchez-vous, laissez-vous emporter par ce musicien, qui, avec ses maracas en boîte de conserve et sa chaudière de fer blanc nous offre un"son" de l'Oriente hypnotique.











Si on continue au bout de cette rue, c'est la mer.

2008/01/08

Cuba et mes utopies

Dieu que c'est triste le déboulonnage de mythe...

J'aime tellement cette île. Depuis mon premier séjour, je n'avais envie que d'en apprécier le charme surrané, la sécurité, l'éducation, la santé, la musique envoûtante, l'aspect si "différent", si révolutionnaire. J'avais envie de fermer les yeux sur cette idée de la prison, de ses interdictions, de sa répression. Je n'avais pas vraiment envie de savoir. La première fois, en 1993, en plein coeur de la "période spéciale" il y avait des circonstances atténuantes au manque de tout. Même les touristes manquaitent d'électricité et de nourriture fraîche.

Mes premiers doutes ont commencé en écoutant des commentaires d'habitués lors de mon 2e séjour en 2003: "C'est vraiment plus drôle à Cuba, il n'ont rien à manger, ils manquent de tout!" On pouvait alors voir les effets de la double économie du dollar et du peso. Laquelle des deux Cuba était la vraie? Celle des Cubains, qui n'ont pas accès aux dollars ou celle des touristes qui peuvent difficilement utiliser les pesos- de toute façons y'a rien à acheter!-.
Me voilà figurante dans un appartheid tragi-comique où je joue toujours le rôle de la riche blanche impérialiste. Dur, dur pour mon estime de bougeoise bohème! Vite un peu de baume sur mes scrupules de gauche caviar: un cadeau, un pourboire!
Soudainement, le Cuba Libre prenait le simple goût du rhum and coke.
Puis la lecture d'un essai sur Cuba, écrit par Olivier Languepin, journaliste et ancien correspondant à La Havane. ... Cuba la faillite d'une utopie - Wikipédia

Bon.... c'est une utopie qui a déraillé, mais.... les intentions étaient bonnes?

En visitant le Musée de la Révolution à La Havanne, je ne peux qu'en être convaincue...

Cette année, c'est la lecture de "Castro l'infidèle" de Jean Raffy, essai très documenté, qui se lit comme un thriller qui a achevé mes illusions à propos du régime de Castro.
On en aprle ici:
http://www.cubantrip.com/castro/castro_infidele.php

Il me restait encore la figure embématique, "Hasta siempre" cette chanson magnifique dont j'avais appris les paroles:
"...tu querida presencia... commandante Che Guevara"
et que j'aimais entendre en frissonnant dans la moiteur Havannaise, ou dans une rue de Buenos Aires.
Écoutez-là ici: http://video.google.ca/videoplay?docid=-4968392211656539339

Maintenant, c'est le Che qui vient de tomber. Oui, l'icône christique, le fabuleux héros du journal de motcyclette: "I diari della motocicletta" qui relate le voyage en Amérique Latine d'Ernesto Guevara, le Che de la révolution cubaine, le Jack Kerouak de l'Amérique du Sud, le Jim Morrison de la révolution se révèle plutôt être un doctrinaire violent, moins intéressé par les véritables êtres humains que par les théories de l'homme nouveau, staliniste, admirateur de Juan Peron et de la révolution culturelle de Mao.
Les témoignages terribles de ceux qui ont fait la révolution avec lui et font l'anatomie du mythe ne me laissent plus le choix. Je ne peux plus chanter la gloire de Staline ou d'un autre tueur idéologique comme lui.
On peut voir ce film ici:
http://www.cubaliberal.org/videos/CHE_AnatomiadeunMito.wmv


Je n'ai pas encore lu, mais tout de même entendu des commentaires sur l'ouvrage de Machover "La face cachée du Che".
Ce lien nous permet d'en prendre connaissance
Les impostures du mythe du “Che” dénoncées par les écrits de Guevara

Il me reste encore tant à comprendre... et heureusement tant de musique à écouter.... pour mieux apprécier l'âme cubaine... hasta siempre...
Une video : Impression of Cuba 2006

et de la musique plein les oreilles:
http://www.lastfm.fr/listen/artist/Sierra%20Maestra/similarartists

2006/06/21

Avoir du culot, pas des culottes

"J'te dis que j'me sentais pas grosse dans mes culottes"
C'est comme ça que Martine m'a raconté ses début de CP au secondaire.
-Et aujourd 'hui, comment tu te sens?
C'est facile de faire une blague comme celle-là à Martine: elle est mince comme un fil. Mais, c'est quand même vrai qu'avec l'assurance et la confiance qu'apporte l'expérience, viennent souvent des "bénéfices marginaux de poids", dont on se serait volontiers passé.

2006/06/10



À notre retour d'Argentine c'est la vue qui s'offrait à nous. C'était tout un contraste. On revenait de trois semaines à respirer des odeurs d'eucalyptus et à se remplir de l'immensité de la pampa.
Gaïa, appuyée au bord de la fenêtre, nous attendait, impassible, dans son décor blanc et doux de ouate molle.