Dieu que c'est triste le déboulonnage de mythe...
J'aime tellement cette île. Depuis mon premier séjour, je n'avais envie que d'en apprécier le charme surrané, la sécurité, l'éducation, la santé, la musique envoûtante, l'aspect si "différent", si révolutionnaire. J'avais envie de fermer les yeux sur cette idée de la prison, de ses interdictions, de sa répression. Je n'avais pas vraiment envie de savoir. La première fois, en 1993, en plein coeur de la "période spéciale" il y avait des circonstances atténuantes au manque de tout. Même les touristes manquaitent d'électricité et de nourriture fraîche.
Mes premiers doutes ont commencé en écoutant des commentaires d'habitués lors de mon 2e séjour en 2003: "C'est vraiment plus drôle à Cuba, il n'ont rien à manger, ils manquent de tout!" On pouvait alors voir les effets de la double économie du dollar et du peso. Laquelle des deux Cuba était la vraie? Celle des Cubains, qui n'ont pas accès aux dollars ou celle des touristes qui peuvent difficilement utiliser les pesos- de toute façons y'a rien à acheter!-.
Me voilà figurante dans un appartheid tragi-comique où je joue toujours le rôle de la riche blanche impérialiste. Dur, dur pour mon estime de bougeoise bohème! Vite un peu de baume sur mes scrupules de gauche caviar: un cadeau, un pourboire!
Soudainement, le Cuba Libre prenait le simple goût du rhum and coke.
Puis la lecture d'un essai sur Cuba, écrit par Olivier Languepin, journaliste et ancien correspondant à La Havane. ...
Cuba la faillite d'une utopie - WikipédiaBon.... c'est une utopie qui a déraillé, mais.... les intentions étaient bonnes?
En visitant le Musée de la Révolution à La Havanne, je ne peux qu'en être convaincue...
Cette année, c'est la lecture de "Castro l'infidèle" de Jean Raffy, essai très documenté, qui se lit comme un thriller qui a achevé mes illusions à propos du régime de Castro.
On en aprle ici:
http://www.cubantrip.com/castro/castro_infidele.phpIl me restait encore la figure embématique, "Hasta siempre" cette chanson magnifique dont j'avais appris les paroles:
"...tu querida presencia... commandante Che Guevara"
et que j'aimais entendre en frissonnant dans la moiteur Havannaise, ou dans une rue de Buenos Aires.
Écoutez-là ici:
http://video.google.ca/videoplay?docid=-4968392211656539339Maintenant, c'est le Che qui vient de tomber. Oui, l'icône christique, le fabuleux héros du journal de motcyclette: "I diari della motocicletta" qui relate le voyage en Amérique Latine d'Ernesto Guevara, le Che de la révolution cubaine, le Jack Kerouak de l'Amérique du Sud, le Jim Morrison de la révolution se révèle plutôt être un doctrinaire violent, moins intéressé par les véritables êtres humains que par les théories de l'homme nouveau, staliniste, admirateur de Juan Peron et de la révolution culturelle de Mao.
Les témoignages terribles de ceux qui ont fait la révolution avec lui et font l'anatomie du mythe ne me laissent plus le choix. Je ne peux plus chanter la gloire de Staline ou d'un autre tueur idéologique comme lui.
On peut voir ce film ici:
http://www.cubaliberal.org/videos/CHE_AnatomiadeunMito.wmvJe n'ai pas encore lu, mais tout de même entendu des commentaires sur l'ouvrage de Machover "La face cachée du Che".
Ce lien nous permet d'en prendre connaissance
Les impostures du mythe du “Che” dénoncées par les écrits de GuevaraIl me reste encore tant à comprendre... et heureusement tant de musique à écouter.... pour mieux apprécier l'âme cubaine... hasta siempre...
Une video :
Impression of Cuba 2006et de la musique plein les oreilles:
http://www.lastfm.fr/listen/artist/Sierra%20Maestra/similarartists
On croirait une obsession... encore le visage du Che, cette fois sur un gobelet jetable. L'essai,The Rebel Sell nous explique comment tous les mouvements de contreculture sont éventuellement récupérés pour devenir des produits de conso
mmation.
Un exemple: ce matin, je suis tombée par hasard sur le blogue de Cécile Gladel en cherchant de l'info sur le suremballage. En furetant, j'y trouve ce billet qui vante les mérites de lingettes démaquillantes qu'on peut laver et donc réutiliser, vendues chez Body Shop pour la modique somme de 9$ le paquet de .... on ne sait pas exactement, probablement 4 ou 5 .